L'article en un clin d’œil
« J’ai toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n’entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence… »
Antoine de Saint-Exupéry
Si le Petit Prince s’était assis sur une dune à Dunhuang, il n’aurait peut-être pas goûté à ce grand silence immobile. Ici, au souffle de la brise ou sous les pas des voyageurs, les montagnes de sable s’animent et font résonner le mystérieux chant des dunes.
La légende raconte que ces sables ne recèlent pas seulement des sources cachées, mais aussi les murmures d’anciens esprits, les échos de fantômes errant depuis des siècles sur la Route de la Soie. Dans ce paysage où le désert semble garder la mémoire des caravanes disparues, le réel et l’imaginaire se confondent.

Bienvenue à Dunhuang, l’oasis mythique de la Route de la Soie, aux portes d’un désert qui chante.
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On y vient pour les grottes de Mogao, leurs fresques somptueuses et leurs sculptures bouddhiques. Mais aussi pour les dunes dorées de Mingshashan, les marchés de nuit animés et les expériences culturelles qui font revivre l’histoire fascinante de cette région.
Dunhuang est une ville de contrastes, où les quartiers flambant neufs côtoient des sites millénaires. Ici, les traditions ancestrales se mêlent à un tourisme résolument contemporain, dans une atmosphère aussi surprenante que dépaysante.
Nous y avons passé quatre nuits, en plein été. Entre la chaleur écrasante du jour et la magie des soirées dans les dunes, cette étape nous a réservé bien des surprises.
Dans cet article, je vous emmène à la découverte de Dunhuang à travers notre itinéraire de trois jours, avec tous mes conseils pour organiser votre séjour, choisir votre hébergement et profiter pleinement de cette oasis singulière.
Que faire à Dunhuang ? Notre itinéraire en 3 jours
Jour 1 : découvrir Dunhuang entre histoire, cuisine et spectacle
Le matin : visiter le musée de Dunhuang
Pour commencer notre séjour, nous avons poussé les portes du musée de Dunhuang (敦煌博物馆). Une première immersion dans l’histoire de cette oasis, dont on découvre peu à peu le rôle essentiel sur la Route de la soie.
Au fil des salles, les cartes retracent les itinéraires empruntés par les marchands, tandis que les objets venus de contrées lointaines témoignent de la richesse des échanges qui animaient ces routes. Pièces d’art et vestiges racontent les circulations de marchandises, mais aussi d’idées, de croyances et de savoir-faire. Les reconstitutions des grottes de Mogao offrent, quant à elles, un premier aperçu de la beauté de cet ensemble exceptionnel.



À midi : goûter aux nouilles jaunes à la viande d’âne
À Dunhuang, la découverte passe aussi par l’assiette. Pour le déjeuner, nous avons goûté aux nouilles jaunes accompagnées de viande d’âne, l’une des spécialités locales.
Nous avons choisi une adresse bien connue en ville : le 达记酱驴肉黄面馆 Daji Donkey Noodles House. Je vous conseille de réserver, surtout si vous voyagez en haute saison.
Le restaurant se compose de deux espaces assez différents. Au rez-de-chaussée, de grandes tables occupent une salle ouverte et animée. À l’étage, l’ambiance est plus intimiste, avec de petites salles privatives, organisée autour de l’incontournable table ronde chinoise. Et si vous ne mangez pas de viande, sachez que des options végétariennes sont également proposées.


L’après-midi : faire une pause à la Dunhuang Press
Après le déjeuner, nous avons longé la rivière à pied pour rejoindre la Dunhuang Press (敦煌印局). J’aime beaucoup ces lieux hybrides, à mi-chemin entre médiathèque, café et concept store.
On peut s’y installer avec un livre, boire un café ou simplement profiter d’un moment de calme. Le lieu propose également des ateliers créatifs inspirés de l’histoire et de l’art de Dunhuang.
Au programme, notamment : peinture reprenant les motifs des fresques des grottes de Mogao, tableaux réalisés avec des fils dorés ou encore gravure de sceaux.
Mais c’est aussi un endroit où l’on peut ne rien faire. Et c’est parfois exactement ce dont on a besoin en voyage.
Nous étions à Dunhuang fin juillet et, dans l’après-midi, la chaleur devenait étouffante. La Dunhuang Press était donc une halte idéale pour profiter d’un peu de fraicheur.




En fin d’après-midi : s’offrir un massage au Silk Road Hotel
Pourquoi ne pas s’accorder un moment de détente ?
Vous pouvez vous renseigner sur les soins et les massages proposés au Silk Road Hotel. Son architecture et son atmosphère méritent également le détour.
Si vous préférez consacrer votre soirée à une expérience culturelle, vous pouvez aussi assister à l’un des spectacles proposés en ville.
En soirée : se laisser transporter par le spectacle Encore Dunhuang
C’est par curiosité pour le théâtre que nous avons choisi d’assister à Encore Dunhuang (又见敦煌). J’étais intriguée par l’architecture du bâtiment, conçue autour de l’image d’une goutte d’eau, comme une oasis posée au milieu du désert. Le spectacle est entièrement en chinois. Nous étions d’ailleurs parmi les rares spectateurs étrangers, sinon les seuls, dans la salle. Mais ce qui rend Encore Dunhuang si particulier, est sa mise en scène immersive.
Les costumes, les musiques et les décors composent une expérience envoutante. On ne se contente pas d’assister à une représentation : on entre littéralement dans l’histoire.


Jour 2 : les grottes de Mogao et les dunes chantantes
Le matin : visiter les grottes de Mogao, le trésor de Dunhuang
S’il ne fallait retenir qu’une seule visite à Dunhuang, ce serait probablement celle des grottes de Mogao (莫高窟).
Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, cet ensemble exceptionnel rassemble des centaines de grottes ornées de peintures et de sculptures bouddhiques. Leur histoire s’étend sur plusieurs siècles. Elles témoignent de la richesse artistique et spirituelle de cette oasis située sur la Route de la Soie.

La visite est très encadrée. Comme sur de nombreux sites majeurs en Chine, on ne circule pas librement d’une grotte à l’autre. Le parcours commence par la projection de deux films consacrés à l’histoire des grottes, avant qu’une navette ne vous conduise jusqu’aux falaises qui les abritent.


Vous découvrirez ensuite les lieux accompagnés d’un guide, en anglais ou en chinois selon le billet réservé. Cette organisation peut sembler contraignante, mais elle permet de réguler les flux et de préserver ce patrimoine précieux, qui doit accueillir jusqu’à 6 000 visiteurs par jour lors des périodes de forte affluence.



Mon conseil : réservez le premier créneau de la journée, généralement proposé à 8 h 30, surtout si vous voyagez en juillet ou août. Vous éviterez ainsi les heures les plus chaudes.
Les grottes de Mogao comptent parmi les sites les plus convoités de la région. En haute saison, notamment pendant les grandes périodes des congés nationaux chinois (1er octobre, nouvel an chinois, 1er mai), mieux vaut anticiper votre réservation d’au moins un mois lorsque le calendrier le permet. De notre côté, nous avons sollicité l’agence chinoise Adeus Tourism, qui organisait notre road trip dans le Gannan.

L’après-midi : ralentir et s’accorder une pause
Après la visite des grottes, nous avons choisi de rentrer à l’hôtel pour nous reposer.
Ce n’est peut-être pas l’activité la plus spectaculaire d’un voyage, mais elle prend tout son sens à Dunhuang en plein été.
Gardez plutôt votre énergie pour la fin de journée : les dunes de Mingshashan se découvrent idéalement lorsque le soleil commence à décliner.
En fin d’après-midi : découvrir le temple Leiyin
Avant de rejoindre les dunes, nous nous sommes promenés du côté du temple Leiyin (雷音寺). Son nom, que l’on peut traduire par « le son du tonnerre », fait référence à une expression bouddhique associée à la puissance de la parole du Bouddha.
L’atmosphère y est bien différente de celle du centre-ville. Le lieu offre une parenthèse paisible, loin de l’agitation des grandes artères et de l’affluence des attractions les plus connues.
Bien que récemment construit, le temple reste fidèle aux codes de l’architecture traditionnelle chinoise. On peut prendre le temps d’admirer ses toitures en bois et le jeu d’emboîtement de sa charpente, dont les pièces s’assemblent sans recourir aux clous.
L’entrée est gratuite. C’est une halte agréable pour celles et ceux qui souhaitent découvrir une autre facette de Dunhuang, plus discrète et contemplative.




Au coucher du soleil : les dunes de Mingshashan, entre émerveillement et foule
Impossible de préparer un voyage à Dunhuang sans tomber sur les images de Mingshashan (鸣沙山), les célèbres dunes du Sable chantant. Vous connaissez sans doute déjà cette carte postale : des vagues de sable doré, une source en forme de croissant de lune et un pavillon traditionnel posé au creux des dunes.

Nous avions évidemment ces images en tête en arrivant sur le site.
Mais la réalité mérite quelques nuances. Je préfère vous prévenir : si vous imaginez un désert silencieux, où vous serez seuls face à l’immensité, vous risquez d’être surpris.
Dès l’entrée, le contraste est saisissant. Les dunes grouillent de visiteurs. En plein été, l’affluence m’a presque rappelé les plages de Rimini un 15 août ! Il y a le claquement des appareils photos, il y a les longues files de chameaux qui attendent devant un feu de circulation placé au milieu du désert. Et puis il y a les quads, dont les traces quadrillent le sable et viennent brouiller les ondulations naturelles des dunes. Ajoutez à cela les couvre-chaussures en plastique, délicieusement kitch, aux teintes orange et jaune fluo du plus bel – ou plus mauvais- effet. À Mingshashan, le désert se transforme en immense terrain de jeu, dans une forme de disneylandisation du paysage, dont les Chinois sont champions.





Le spectacle peut être déroutant si l’on vient chercher la solitude du désert.
Pourtant, je crois qu’il faut aussi accepter Mingshashan pour ce qu’il est. On n’y vient pas nécessairement pour méditer face à un horizon désert. On y vient pour admirer les dunes, partager un moment, et participer à une expérience collective.
Oui, il y a du monde, mais surtout de l’énergie, du mouvement et une forme d’excitation partagée.
Puis, peu à peu, le regard se pose. Sur fond de vagues de sable, les silhouettes des visiteurs se découpent dans la lumière. Certains prennent la pose, d’autres gravissent les dunes. Le tumulte semble soudain suspendu. Comme si, sans que l’on s’en aperçoive, la scène s’était figée en un tableau vivant.

À la nuit tombée : une surprise dans le ciel de Dunhuang
J’avais réservé une petite surprise à mes compagnons de voyage. Je ne leur avais rien dit du spectacle de drones organisé à la tombée de la nuit.

Peu à peu, des silhouettes lumineuses se sont dessinées dans le ciel. Les fēitiān (飞天), ces figures célestes emblématiques de l’art bouddhique de Dunhuang, sont apparues dans les airs. Puis sont venus la Porte de Jade, les caravanes de la Route de la Soie et les grottes de Mogao.
Un à un, les symboles de cette oasis mythique ont pris forme au-dessus du désert. Comme si l’histoire de Dunhuang se racontait une dernière fois, dans les airs, avant de disparaître dans l’obscurité.
Le spectacle est fascinant. Ici, les dunes ne sont plus seulement un paysage. Elles deviennent les gradins naturels d’un immense théâtre à ciel ouvert, tandis que le ciel se transforme en écran vivant.
J’ai aimé ce contraste entre les technologies les plus modernes et l’histoire millénaire de la Route de la Soie. Ces images lumineuses racontent, à leur manière, ce qui fait la singularité de Dunhuang : un carrefour de civilisations où se sont rencontrés voyageurs, cultures, croyances pendant des siècles.
En soirée : dîner au marché de nuit de Shazhou
À la sortie de Mingshashan, le retour vers le centre-ville est plutôt bien organisé. Les bus se succèdent pour ramener les visiteurs vers le marché de nuit de Shazhou (沙洲夜市).
J’ai découvert de nombreux marchés de nuit en Asie, du Cambodge à Taïwan. Pourtant, celui de Dunhuang possède une atmosphère bien à lui, une énergie presque hypnotique.
Les lanternes rouges et jaunes éclairent les allées. Les conversations se mêlent à la musique diffusée en direct, aux appels des vendeurs et au crépitement des cuisines. Une joyeuse cacophonie, enveloppée d’un mélange envoûtant de parfums et de fumées.
Les étals donnent envie de tout goûter : brochettes d’agneau grillées, pains au sésame, yaourt artisanal parfumé à la rose…D’une échoppe à l’autre, on observe les gestes des cuisiniers et l’on se laisse tenter par une spécialité encore inconnue. Le marché est animé, parfois bruyant, mais c’est justement ce qui fait son charme.

Jour 3 : une excursion manquée, puis une autre façon de découvrir Dunhuang
Le matin : l’excursion que nous n’avons pas faite
Pour notre troisième journée, nous avions prévu de quitter Dunhuang pour explorer les paysages désertiques de la région. Au programme : la Passe de Yumen (玉门关),aussi appelée « Porte de Jade », puis le parc géologique national de Yadan, célèbre pour ses formations rocheuses aux silhouettes insolites, sculptées par le vent au fil des siècles.
J’avais très envie de découvrir ces paysages presque lunaires et de m’enfoncer un peu plus loin dans le désert. Mais nous nous y sommes pris trop tard. Lorsque nous avons demandé conseil à notre hôtel, il n’y avait déjà plus de places disponibles pour l’excursion.

J’ai eu quelques regrets. Ces étendues arides, façonnées par le vent et le temps, faisaient partie des paysages que j’aurais aimé découvrir pendant notre séjour.
Finalement, la chaleur et la fatigue ont eu raison de nos ambitions. Plutôt que de tenter d’improviser un programme devenu difficile à organiser, nous avons décidé de ralentir. Nous avons consacré une partie de la journée au repos et à quelques emplettes en ville.
Ce contretemps nous a finalement donné l’occasion de découvrir une autre facette de Dunhuang, bien différente des vestiges historiques et des grands paysages désertiques.
En fin d’après-midi : se transformer en apsaras et princesses du désert




Où dormir à Dunhuang ? Du boutique-hôtel aux nuits dans le désert
À Dunhuang, le choix de l’hébergement fait presque partie du voyage. Ici, il y en a pour tous les goûts et tous les budgets. Hôtel inspiré des fresques de Mogao, boutique-hôtel aux accents méditerranéens ou nuit insolite sous les étoiles : vous pouvez laisser libre cours à votre imagination.
Dormir en centre-ville : pratique et animé
De notre côté, nous avons choisi le Dunhuang Hotel, idéalement situé en plein centre-ville.
Dès l’entrée, une jolie biche accueille les visiteurs. Ce motif m’a rappelé les représentations animales que l’on retrouve dans l’art de Dunhuang, notamment dans les fresques de Mogao. L’hôtel lui-même reprend les codes décoratifs de la région, avec une atmosphère inspirée de son patrimoine artistique.
J’ai particulièrement apprécié sa terrasse, d’où l’on aperçoit les dunes au loin. La chambre et la salle de bain comptaient également parmi les plus spacieuses de notre séjour en Chine. Un vrai confort après de longues journées de visite, sous la chaleur estivale.
Mon conseil : si vous prévoyez de visiter le musée de Dunhuang, de découvrir les restaurants du centre et de dîner au marché de nuit de Shazhou, loger en ville est une excellente option. Vous pourrez rejoindre plusieurs adresses à pied et profiter de l’animation sans dépendre systématiquement d’un taxi.



Dormir au pied des dunes : une expérience plus immersive
Si vous préférez vous réveiller face au désert, de nombreux boutique-hôtels se sont développés autour de Mingshashan. L’ambiance y est différente. On vient davantage pour le cadre, l’architecture et le plaisir de ralentir.
Le plus emblématique est sans doute le Silk Road Hotel, reconnaissable à son architecture monumentale et à sa décoration inspirée des traditions de la Route de la Soie. Sa magnifique terrasse invite à s’attarder, notamment lorsque la lumière du soir vient adoucir les contours des dunes.


D’autres établissements séduiront les amateurs de design. Certains adoptent des lignes épurées et des matières naturelles, tandis que d’autres s’inspirent des maisons méditerranéennes ou de l’esthétique marocaine. Des univers dépaysants, qui créent un contraste intéressant avec les paysages arides du Gansu.





C’est aussi une bonne option si vous souhaitez rejoindre Mingshashan tôt le matin ou profiter d’un verre avec vue sur les dunes. Vous pourrez ainsi savourer le désert à des heures où la lumière est particulièrement belle.
Dormir dans le désert : une nuit sous les étoiles
Et si vous poussiez l’expérience encore plus loin ?
Autour de Dunhuang, certains hébergements proposent de passer la nuit dans le désert, sous une tente, dans une bulle transparente ou dans un petit bungalow. L’occasion de s’éloigner de l’agitation de la ville et de découvrir une autre facette de cette région.
J’aime beaucoup l’idée de terminer une journée dans les dunes en levant les yeux vers le ciel étoilé. Loin des lumières urbaines, le désert promet une atmosphère particulière, à condition que la météo et les conditions de visibilité soient favorables.
C’est sans doute l’une des expériences à envisager si vous souhaitez faire de votre séjour à Dunhuang autre chose qu’une simple étape sur la Route de la Soie.


Alors, où dormir à Dunhuang?
En centre-ville pour la praticité, dans un boutique-hôtel pour le cadre et le design, ou dans le désert pour vivre une nuit différente. Tout dépend de l’expérience que vous souhaitez privilégier. Et si votre budget le permet, pourquoi ne pas combiner deux ambiances ?
Comment se déplacer à Dunhuang ?
Pour visiter Dunhuang et ses environs, il est préférable de combiner plusieurs moyens de transport. Le centre-ville se parcourt assez facilement à pied, notamment si vous logez près du marché de nuit.
Pour rejoindre les sites un peu plus éloignés, les bus sont une option pratique et économique. La ligne de bus n° 3 est particulièrement utile pour les visiteurs : pour seulement 2 yuans, elle dessert le musée de Dunhuang, le temple Leiyin et Mingshashan, son terminus, situé au pied des célèbres dunes de sable.
Pour rejoindre les grottes de Mogao, vous pouvez prendre un taxi : comptez environ 25 à 30 yuans pour le trajet.
Si vous souhaitez assister à un spectacle, comme Encore Dunhuang, pensez à vous renseigner auprès de votre hôtel au moment de la réservation. Le transport aller-retour est souvent inclus dans les formules proposées, ce qui peut vous éviter d’avoir à organiser vos déplacements sur place.
Enfin, si vous prévoyez une excursion à la journée vers la Porte de Jade et le parc géologique de Yadan, mieux vaut organiser votre transport à l’avance. Les distances sont importantes et il ne s’agit pas d’une simple promenade aux portes de la ville.
En été, pensez également à adapter vos déplacements à la chaleur. Privilégiez les visites tôt le matin et en fin de journée, puis accordez-vous une pause aux heures les plus chaudes.
Quels souvenirs ramener de Dunhuang ?
Contrairement à mes premières années en Chine, lorsque j’avais l’impression de pénétrer dans la caverne d’Ali Baba et de vouloir rapporter mille trésors dans mes valises, j’essaie aujourd’hui de privilégier les expériences plutôt que les achats. Pourtant, Dunhuang est une destination où il est difficile de résister à quelques emplettes !
Si vous voyagez avec des enfants, vous trouverez partout les incontournables peluches de chameaux, mais aussi la jolie biche aux neuf couleurs, inspirée d’une célèbre légende bouddhique représentée dans les grottes de Mogao.

Les gourmands pourront rapporter des spécialités locales : raisins séchés, notamment ceux parfumés à la rose 黑玫瑰香葡萄, ou encore abricots Liguang (李广杏肉), réputés dans la région. Le quartier autour de la mosquée mérite également une promenade. Ses petites échoppes alimentaires regorgent de produits à découvrir et à glisser dans vos bagages.
Pour un souvenir plus culturel, pensez aux livres consacrés aux grottes de Mogao, à leurs fresques ou à l’histoire de la Route de la Soie. Ils permettent de prolonger le voyage une fois rentré à la maison.
Enfin, si vous aimez les beaux objets et les textiles, vous pourrez vous laisser tenter par des vêtements en soie ou des créations inspirées de l’art de Dunhuang. La boutique de la Dunhuang Press propose notamment de jolies pièces qui changent des souvenirs habituels.
De quoi rapporter un petit morceau de cette oasis, entre gourmandises, artisanat et patrimoine artistique.
Quel budget prévoir à Dunhuang?
Avec Zhangye, Dunhuang a été l’une des étapes les plus chères de notre voyage, notamment parce que plusieurs sites sont payants. Nous avons aussi choisi de nous faire plaisir avec quelques expériences, comme le spectacle Encore Dunhuang et la location de tenues traditionnelles à Mingshashan. Si votre budget est plus serré, vous pourrez facilement réduire certaines dépenses en mangeant au marché de nuit ou dans les petits restaurants locaux, ou en faisant davantage d’économies lors de vos étapes à Jiayuguan et Lanzhou. À l’inverse, si votre budget le permet, Dunhuang est une belle occasion de vous offrir un hôtel design, une nuit dans le désert ou quelques expériences culturelles qui rendront votre séjour encore plus mémorable.
Pour donner une idée, voici ce que j’ai personnellement dépensé lors de mon séjour à Dunhuang en juillet 2026 (RMB = Renminbi, yuan chinois). Cliquez sur la petite flèche pour dérouler le tableau et découvrir le détail de mes dépenses.
| RMB | Euros | |
| Hébergement | ||
| Dunhuang Hotel, 4 nuits | 256.27 | |
| Repas | ||
| Repas 4 jours | 201.4 | 26.68 |
| Transports | ||
| Taxi gare – Dunhuang Hotel | 30.42 | 4.01 |
| Taxi hotel – Grottes de Mogao | 25.44 | 3.39 |
| Bus n. 3 vers Mingshashan | 2 | 0.27 |
| Taxi hotel – gare de Dunhuang | 26.04 | 3.44 |
| Entrées | ||
| Musée de Dunhuang | 113.3 | gratuit |
| Dunhuang Press | gratuit | |
| Spectacle Encore Dunhuang | 276 | 36.41 |
| Grottes de Mogao | 238 | 31.85 |
| Temple Leiyin | gratuit | |
| Mingshashan (entrée valable 3 jours) | 110 | 15.11 |
| Autres dépenses | ||
| Protège-chaussures Mingshashan | 6 | 0.77 |
| Habit et coiffe Mingshashan | 128 | 17.09 |
| Souvenirs | 95 | 12.53 |
Bien sûr, les prix peuvent varier selon vos choix de confort, mais ce budget peut donner un repère utile pour organiser votre séjour.
Le mot de la fin : Dunhuang, une oasis qui se mérite
Notre arrivée à Dunhuang, en fin de journée et en train depuis Jiayuguan, avait de quoi nous inquiéter. En descendant sur le quai, tous les passagers semblaient partager la même réaction: « Wow ! » Il faisait 43 °C à 20 heures.
Je me suis alors demandé si je n’avais pas commis une erreur en prévoyant quatre nuits dans cette fournaise. Finalement, nous avons appris à adapter notre rythme, à faire des pauses aux heures les plus chaudes et à profiter de la ville lorsque le soleil déclinait.
Dunhuang est sans doute l’étape la plus touristique de notre voyage sur la Route de la Soie. Certains sites sont bondés et il faut parfois accepter de partager les plus beaux paysages avec des centaines d’autres visiteurs. Mais ce serait dommage de s’arrêter à cette première impression.
Car Dunhuang sait encore émerveiller : par la richesse de son patrimoine artistique, d’abord. Par sa créativité, ensuite, entre spectacles immersifs, costumes traditionnels et expériences inattendues. Et enfin, par sa cuisine, ses marchés animés et cette façon bien à elle de mêler histoire et vie quotidienne.
Alors, faut-il prévoir plusieurs nuits à Dunhuang ? Je vous le recommande. Deux jours permettent de découvrir les incontournables, mais trois ou quatre nuits offrent davantage de liberté pour explorer les alentours, profiter d’expériences originales et laisser une place aux imprévus. Nous sommes arrivés avec quelques inquiétudes face à la chaleur. Nous sommes repartis avec des souvenirs plein la tête.
Car derrière les sites les plus célèbres, Dunhuang garde toujours une part de mystère pour ceux qui prennent le temps de s’y attarder.
Alors, asseyez-vous sur une dune, laissez le vent vous murmurer ses secrets. Entre les chants du sable et les échos de la Route de la Soie, quelque chose rayonne encore en silence…




